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This diary entry is written by Cheri_Pap_Mouri. ( View all entries )
 

Mon Pays Que VoiciCategory: (general)
Monday, 30 March 2009
01:14:54 AM (GMT)
Ô mon Pays si triste est la saison
qu’il est venu le temps de se parler par signes
Je continue ma lente marche de
poète
un bruit de chaîne dans l’oreille
et sur les lèvres un goût de sel et de soleil
et je remonte lentement le lit de ton Histoire

J’ai vu tes enfants sans mémoire
dans toutes les capitales de l’Amérique
le coui tendu et toute fierté bue
genoux ployés devant le dieu-papier
à l’effigie de Washington
À quoi bon ce passé de douleurs et de gloire
et à quoi bon dix huit cent quatre

Ô mon Pays je t’aime comme un être de chair
et je sais ta souffrance et je vois ta misère
et me demande la rage au coeur
quelle main a tracé sur le registre des nations
une petite étoile à côté de ton nom

Yankee de mon coeur
qui bois mon café
et mon cacao
qui pompes la sève
de ma canne à sucre
Yankee de mon coeur
qui entres chez moi
en pays conquis
imprimes ma gourde
et bats ma monnaie
Yankee de mon coeur
qui viens dans ma caille
parler en anglais
qui changes le nom
de mes vieilles rues
Yankee de mon coeur
j’attends dans ma nuit
que le vent change d’aire

Ô mon Pays si triste est la saison
qu’il est venu le temps de se parler par signes
Entre la liane des racines
tout un peuple affligé de silence
La vie partout est en veilleuse

Qui ose rire dans le noir ?
Nous n’avons plus de bouche pour parler
Quel choeur obscène chante dans l’ombre
cette chanson dans mon sommeil
cette chanson des grands marrons
marquant le rythme au ras des lèvres
Nous n’avons plus de bouche pour parler
nous portons les malheurs du monde
et les oiseaux ont fui notre odeur de cadavre
Le jour n’a plus sa transparence
Tous les fruits ont coulé
nous les avons montrés du doigt

Qui ose rire dans le noir ?
Il y a dans ma gorge ce cri d’amour en flèche
pour crever l’étonnement des nuages
Ce chant sous ma luette pour écarteler les ténèbres
Et la chaux vive du verbe derrière ma bouche close
Il y a les mots non parlés
que l’on se passe par les paupières

Je continue ô mon Pays ma lente marche de Poète
car j’ai la vocation de l’invisible
Je suis celui qui sort de toutes parts
et qui n’est point d’ici
Je viens sur la musique de mes mots
sur l’aile du poème
et au seuil de l’été je te salue
dans l’écarlate floraison des flamboyants
Je jaillirai de toi comme la source
mon chant pur t’ouvrira le chemin de la gloire
et mon cri crèvera le tympan de ta nuit
car mon amour en pointe de silex
à jamais s’est fiché dans ton coeur d’étoile chaude
ô mon Pays que voici


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